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Cicatrice chéloïde

Qu'est-ce qu'une cicatrice chéloïde ?

La cicatrisation est un processus naturel qui évolue pendant plusieurs mois après une blessure ou une intervention chirurgicale. Au cours de cette période, une cicatrice peut temporairement devenir plus rouge, plus épaisse ou plus ferme avant de progressivement s'assouplir et s'atténuer.

La cicatrice chéloïde correspond à une cicatrisation anormale caractérisée par une production excessive de tissu cicatriciel. Contrairement à une cicatrice hypertrophique, qui reste généralement limitée aux contours de la plaie initiale, la chéloïde peut dépasser les limites de la cicatrice d'origine et continuer à s'étendre.

Elle est bénigne et ne présente pas de risque de transformation cancéreuse. Elle peut cependant être inesthétique ou entraîner une gêne importante, notamment lorsqu'elle devient douloureuse, sensible ou prurigineuse.

Pourquoi certaines personnes développent-elles des chéloïdes ?

La cause exacte de leur apparition n'est pas toujours identifiable. Il existe cependant une prédisposition individuelle et génétique, certaines personnes présentant un risque nettement plus important d'en développer.

Certaines localisations sont également particulièrement exposées, notamment le thorax et le sternum, les épaules ou encore les oreilles.

Les contraintes mécaniques exercées sur une cicatrice, et notamment une tension importante sur les berges d'une plaie, peuvent favoriser une cicatrisation pathologique.

Enfin, l'existence d'un antécédent personnel de cicatrice chéloïde constitue un élément particulièrement important, car une personne ayant déjà développé une chéloïde présente un risque plus élevé d'en développer une nouvelle ou de récidiver après un traitement.

Comparaison entre une cicatrice hypertrophique, qui reste dans les limites de la plaie, et une cicatrice chéloïde, qui les dépasse.

Comment traiter une cicatrice chéloïde ?

Il n'existe malheureusement pas de traitement miracle de la cicatrice chéloïde et aucune technique ne permet de garantir sa disparition définitive. La chéloïde présente une tendance naturelle à la récidive et le traitement est donc adapté à chaque situation.

Plusieurs approches peuvent être utilisées, seules ou en association. Les injections intralésionnelles de corticoïdes peuvent notamment permettre de diminuer l'activité inflammatoire, l'épaisseur et certains symptômes de la cicatrice. Plusieurs séances peuvent être nécessaires.

Des dispositifs à base de silicone ou une pressothérapie peuvent également être proposés dans certaines situations.

Traitement chirurgical

La chirurgie peut être envisagée pour certaines chéloïdes, notamment lorsqu'elles sont volumineuses ou devenues très fibreuses.

L'exérèse doit cependant être envisagée avec prudence : une intervention chirurgicale crée elle-même une nouvelle cicatrice et peut donc être suivie d'une nouvelle chéloïde. Une chirurgie isolée n'est ainsi pas nécessairement suffisante et le risque de récidive doit être expliqué avant toute intervention.

Selon la situation, différentes techniques de fermeture ou de reconstruction peuvent être nécessaires. Le traitement chirurgical peut également être associé à d'autres traitements destinés à réduire le risque de récidive.

Radiothérapie et curiethérapie

Dans certaines chéloïdes particulièrement récidivantes, une radiothérapie réalisée après l'exérèse chirurgicale peut être discutée. Son objectif est de limiter la prolifération des cellules responsables de la production excessive de tissu cicatriciel et ainsi de diminuer le risque de nouvelle récidive.

Une des modalités possibles est la curiethérapie, qui consiste à délivrer l'irradiation de manière très localisée au niveau de la zone opérée. Elle permet de concentrer le traitement sur la cicatrice tout en limitant autant que possible l'exposition des tissus environnants.

Ce type de traitement n'est évidemment ni systématique ni indiqué pour toutes les chéloïdes. Il concerne des situations sélectionnées, notamment certaines formes récidivantes ou difficiles à traiter, et nécessite une discussion avec une équipe spécialisée en radiothérapie. La décision dépend notamment de la localisation de la chéloïde, de son histoire, des traitements déjà réalisés et de la balance entre les bénéfices attendus et les risques du traitement.

Peut-on prévenir une cicatrice chéloïde ?

Chez une personne présentant un risque connu, la prévention fait partie intégrante de la prise en charge. Lorsqu'une intervention est nécessaire, l'objectif est notamment de limiter autant que possible les tensions exercées sur la cicatrice.

Selon la localisation et le contexte, des traitements préventifs tels que le silicone, la compression ou des injections de corticoïdes peuvent être proposés au cours du suivi.

Un antécédent de chéloïde doit donc toujours être signalé au chirurgien avant une intervention.

À retenir

Un traitement nécessairement personnalisé

La prise en charge d'une cicatrice chéloïde doit finalement être envisagée comme une stratégie de contrôle plutôt que comme la promesse d'une guérison définitive. Plusieurs traitements peuvent être associés et une prise en charge prolongée peut parfois être nécessaire.

Même après une amélioration importante ou une exérèse complète, une récidive reste possible. Le choix du traitement repose donc sur une évaluation individuelle et sur une information claire concernant les bénéfices, les limites et les risques de chacune des options proposées.