
Gynécomastie
La gynécomastie correspond à une augmentation du volume de la glande mammaire chez l'homme. Elle peut toucher un seul sein ou les deux et être associée à une composante graisseuse plus ou moins importante.
Elle doit être distinguée de l'adipomastie, qui correspond principalement à une accumulation de tissu graisseux sans véritable hypertrophie glandulaire. Les deux peuvent également être associées.
La gynécomastie est généralement bénigne, mais elle peut être responsable d'une gêne esthétique, physique ou psychologique importante.
Avant d'envisager une correction chirurgicale, il est essentiel d'en rechercher l'origine. Certaines gynécomasties sont physiologiques ou sans cause identifiable, tandis que d'autres peuvent être liées à un traitement médicamenteux, à une anomalie hormonale ou plus rarement à une pathologie sous-jacente.
Gynécomastie
Indications
La chirurgie peut être envisagée lorsqu'une gynécomastie persiste malgré la prise en charge d'une éventuelle cause sous-jacente, ou lorsqu'aucune cause réversible n'est retrouvée et que l'augmentation du volume mammaire reste gênante.
Cette gêne peut être esthétique, fonctionnelle ou psychologique et avoir un retentissement sur l'image corporelle, l'habillement, les activités sportives ou la vie sociale.
L'examen permet également de déterminer la composition de l'excès de volume :
- une composante principalement glandulaire ;
- une composante principalement graisseuse ;
- une forme mixte, associant glande et graisse ;
- parfois un excès cutané, notamment après une perte de poids importante ou dans les formes volumineuses.
Cette analyse est importante car elle détermine directement la stratégie chirurgicale.
Gynécomastie
Pourquoi une gynécomastie peut-elle apparaître ?
Le développement de la glande mammaire chez l'homme dépend notamment de l'équilibre entre l'action des œstrogènes et celle des androgènes. Une modification de cet équilibre peut favoriser l'apparition d'une gynécomastie.
Dans de nombreux cas, aucune cause précise n'est retrouvée. On parle alors de gynécomastie idiopathique.
Certaines situations sont néanmoins physiologiques. Une gynécomastie transitoire peut notamment apparaître pendant la puberté et régresse le plus souvent spontanément avec le temps.
Chez l'adulte, plusieurs causes doivent être recherchées.
Une diminution de la production de testostérone ou une augmentation relative de l'action des œstrogènes peut favoriser le développement de la glande mammaire. Certaines formes d'hypogonadisme, des maladies thyroïdiennes ou plus rarement certaines anomalies endocriniennes peuvent ainsi être impliquées.
Certains médicaments ou substances peuvent favoriser une gynécomastie. L'interrogatoire recherche donc systématiquement les traitements en cours, mais également l'utilisation éventuelle de stéroïdes anabolisants, hormones ou compléments susceptibles d'interférer avec l'équilibre hormonal.
Certaines maladies du foie ou des reins ainsi que d'autres maladies chroniques peuvent modifier le métabolisme hormonal et participer au développement d'une gynécomastie.
Plus rarement, certaines tumeurs, notamment testiculaires, surrénaliennes ou endocriniennes, peuvent être responsables d'une modification de l'équilibre hormonal. Leur recherche dépend de l'âge, de l'histoire clinique et des constatations de l'examen.
Traiter une gynécomastie commence par en comprendre la cause.
Avant toute chirurgie, l'évaluation recherche une éventuelle origine hormonale, médicamenteuse ou plus rarement pathologique pouvant nécessiter une prise en charge spécifique.
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Quel bilan réaliser avant le traitement ?
Le bilan n'est pas identique pour tous les patients. Il est adapté à l'âge, à l'ancienneté de la gynécomastie, à son évolution et aux constatations de l'examen clinique.
La consultation commence par retracer son apparition et son évolution : date de début, caractère stable ou récent, variation de poids, douleurs ou sensibilité, antécédents médicaux et traitements ou substances utilisés.
L'examen clinique analyse la poitrine afin de distinguer une composante glandulaire d'une composante graisseuse, d'évaluer un éventuel excès cutané et de rechercher une anomalie nécessitant des investigations complémentaires.
Un examen testiculaire fait également partie de l'évaluation lorsqu'il est indiqué, certaines pathologies testiculaires pouvant modifier la production hormonale.
Selon le contexte, un bilan biologique hormonal peut être demandé. Il peut notamment explorer la fonction gonadique, thyroïdienne ou d'autres paramètres hormonaux afin de rechercher une cause endocrinienne.
Une échographie mammaire, une mammographie ou d'autres examens peuvent également être proposés lorsqu'ils sont nécessaires pour préciser la nature du tissu mammaire ou devant une présentation inhabituelle.
Des examens complémentaires peuvent enfin être orientés par les constatations cliniques, par exemple lorsqu'une anomalie testiculaire ou endocrinienne est suspectée.
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Technique
Le traitement chirurgical de la gynécomastie est adapté à la nature de l'excès mammaire, à son importance, à la qualité de la peau et à la morphologie du thorax.
Selon les cas, plusieurs gestes peuvent être réalisés seuls ou associés :
- une lipoaspiration, lorsqu'il existe une composante graisseuse importante ;
- une exérèse de la glande mammaire, lorsqu'une composante glandulaire persiste, généralement par une incision discrète située au niveau de l'aréole ;
- une résection de l'excès cutané dans les formes plus importantes associées à un relâchement de la peau.
Dans les formes mixtes, l'association d'une lipoaspiration et d'une exérèse glandulaire permet de traiter les différentes composantes de la gynécomastie et de redéfinir progressivement le contour du thorax.

Gynécomastie
Déroulement de l'intervention
Le pré-opératoire
La consultation permet d'évaluer le volume mammaire, sa composition, la qualité de la peau et la morphologie du thorax.
Avant toute chirurgie, le bilan étiologique doit avoir été réalisé afin de rechercher une éventuelle cause pouvant nécessiter une prise en charge spécifique.
L'ancienneté et l'évolution de la gynécomastie, les variations de poids, les traitements médicamenteux, la prise éventuelle de substances ou de stéroïdes anabolisants ainsi que les antécédents médicaux sont recherchés.
Des photographies médicales peuvent être réalisées dans le cadre du suivi.
Le tabac et la nicotine augmentant certains risques chirurgicaux et de cicatrisation, leur arrêt peut être demandé avant et après l'intervention. Les traitements en cours sont également revus et éventuellement adaptés selon les consignes médicales.
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Questions fréquentes
La gynécomastie correspond au développement de la glande mammaire, tandis que l'adipomastie correspond principalement à une accumulation de tissu graisseux au niveau du thorax. Les deux peuvent être associées, ce qui est déterminé lors de l'examen clinique.
Non. Une gynécomastie peut apparaître au moment de la puberté et régresse spontanément dans la majorité des cas. Une évaluation médicale permet de déterminer si une simple surveillance est appropriée ou si des investigations complémentaires sont nécessaires.
Leur position dépend de la technique utilisée. Une lipoaspiration nécessite seulement de petites incisions. Lorsqu'une exérèse glandulaire est réalisée, la cicatrice est généralement placée au niveau de l'aréole. Dans les formes associées à un excès cutané important, des cicatrices plus étendues peuvent être nécessaires.
Oui. Avant d'envisager une correction chirurgicale, il est important de rechercher une éventuelle cause hormonale, médicamenteuse ou pathologique. Lorsqu'une cause réversible est identifiée, son traitement constitue la première étape de la prise en charge.
Non. Elle peut être suffisante lorsqu'il existe principalement une composante graisseuse. En présence d'une composante glandulaire importante, une exérèse de la glande peut être nécessaire. Une résection cutanée peut également être indiquée lorsqu'il existe un excès de peau important.
Le résultat est généralement durable lorsque la cause est stabilisée. Une récidive reste néanmoins possible lorsqu'un facteur favorisant persiste ou apparaît secondairement, notamment certaines modifications hormonales, certains traitements ou substances, ou des variations importantes de poids.

