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Augmentation mammaire par transfert de graisse

L'augmentation mammaire par transfert de graisse, également appelée lipofilling mammaire ou lipomodelage, est une intervention permettant d'augmenter le volume de la poitrine en utilisant la propre graisse de la patiente.

Elle constitue une alternative à l'augmentation mammaire par prothèses pour les patientes souhaitant une augmentation modérée du volume mammaire, sans mise en place d'implant.

Le prélèvement de graisse par lipoaspiration permet également de remodeler certaines zones de la silhouette, notamment l'abdomen, les flancs ou les cuisses.

Le résultat dépend toutefois de la quantité de graisse disponible, de la qualité des tissus et de la proportion de graisse qui se maintient après le transfert.

Augmentation mammaire par transfert de graisse

Indications

Le lipofilling mammaire permet d'augmenter modérément le volume de la poitrine ou d'en améliorer la forme sans avoir recours à des implants mammaires.

Il peut notamment être envisagé pour :

  • augmenter modérément le volume mammaire ;
  • restaurer un volume perdu après une grossesse, un allaitement ou une perte de poids ;
  • corriger certaines asymétries ;
  • améliorer le galbe de la poitrine ;
  • compléter une mastopexie ou une augmentation par prothèses.

La réalisation d'un lipofilling nécessite des réserves graisseuses suffisantes et un poids stable.

Il ne permet pas, à lui seul, de corriger une ptose mammaire importante, qui peut nécessiter une mastopexie.

Plusieurs séances peuvent être nécessaires pour obtenir le volume souhaité.

Augmentation mammaire par transfert de graisse

Technique

Le lipofilling mammaire repose sur le transfert de tissu graisseux prélevé sur la patiente elle-même.

L'intervention comprend trois étapes principales.

  • La première étape consiste à réaliser une lipoaspiration douce dans les zones présentant des réserves graisseuses suffisantes.

    Les régions les plus fréquemment utilisées sont l'abdomen, les flancs, les hanches ou les cuisses.

    Le prélèvement est réalisé à l'aide de fines canules introduites par de petites incisions, généralement positionnées dans des zones discrètes.

    Cette étape permet de recueillir le tissu graisseux nécessaire au transfert et peut également contribuer à améliorer le contour des zones prélevées.

  • La graisse prélevée est ensuite préparée afin de séparer le tissu graisseux utilisable des liquides et des autres éléments issus de la lipoaspiration.

    Différentes méthodes de préparation peuvent être utilisées selon la technique chirurgicale.

    L'objectif est d'obtenir un tissu graisseux adapté à sa réinjection dans la poitrine.

  • La graisse préparée est réinjectée progressivement à l'aide de fines canules.

    Elle est répartie en petites quantités dans différents plans tissulaires, afin de favoriser son intégration et sa vascularisation.

    Le volume transféré est adapté à la morphologie de la patiente, à la qualité des tissus et à la capacité d'accueil du sein.

    Une partie de la graisse transférée sera naturellement résorbée au cours des premiers mois.

    Le volume final ne correspond donc pas exactement au volume injecté pendant l'intervention.

Techniques associées

  • Le lipofilling peut être associé à la mise en place de prothèses mammaires.

    Cette association, appelée augmentation mammaire composite, permet de combiner l'augmentation de volume apportée par l'implant avec un transfert graisseux destiné à améliorer certains contours.

    Le lipofilling peut notamment permettre d'adoucir la transition entre les tissus mammaires et les contours de la prothèse, particulièrement lorsque la couverture tissulaire est limitée.

  • Lorsque la poitrine présente une ptose mammaire, le lipofilling peut être associé à une mastopexie.

    La mastopexie permet de remonter et remodeler la poitrine, tandis que le transfert graisseux peut contribuer à restaurer certains volumes.

    L'indication dépend de l'importance du relâchement cutané et du volume recherché.

  • Le Reverse Expansion est une stratégie particulière de reconstruction ou d'augmentation mammaire reposant sur l'association d'une expansion préalable des tissus et de transferts graisseux successifs.

    Dans son principe classique, cette technique utilise un expandeur mammaire temporaire, dont le volume est progressivement diminué au fil des séances de lipofilling, à mesure que la graisse transférée contribue à remplacer le volume initialement occupé par l'expandeur.

    Cette approche peut être envisagée dans certaines situations où l'enveloppe mammaire et la capacité d'accueil des tissus sont limitées, notamment dans des contextes reconstructeurs.

    Elle nécessite généralement plusieurs interventions successives et ne constitue pas la technique habituelle d'une augmentation mammaire esthétique par lipofilling.

    Son indication dépend de l'anatomie mammaire, des antécédents et des objectifs de reconstruction ou d'augmentation.

Le lipofilling mammaire n'a pas montré d'augmentation du risque de cancer du sein dans les études disponibles.

Les données scientifiques actuellement disponibles sont rassurantes concernant la sécurité oncologique du transfert graisseux mammaire.

Le lipofilling peut néanmoins entraîner certaines modifications bénignes visibles à l'imagerie, notamment des calcifications, des kystes huileux ou des zones de cytostéatonécrose.

Il reste donc important d'informer le radiologue de l'intervention et de poursuivre le dépistage mammaire recommandé selon l'âge et les facteurs de risque.

Augmentation mammaire par transfert de graisse

Déroulement de l'intervention

Le pré-opératoire

La consultation permet d'évaluer la morphologie mammaire, le volume souhaité, la qualité de la peau et les réserves graisseuses disponibles.

L'examen clinique permet également de déterminer si un lipofilling isolé est adapté ou si une autre technique doit être envisagée.

Selon l'âge, les antécédents et la situation clinique, une imagerie mammaire préopératoire peut être demandée.

Des photographies médicales peuvent être réalisées dans le cadre du suivi.

Le tabac et la nicotine pouvant compromettre la vascularisation des tissus et la survie de la graisse transférée, leur arrêt est particulièrement important avant et après l'intervention.

Les traitements en cours sont également revus et éventuellement adaptés selon les consignes médicales.

La consultation permet enfin d'expliquer la résorption partielle de la graisse, les limites de l'augmentation réalisable et la possibilité que plusieurs séances soient nécessaires.

Augmentation mammaire par transfert de graisse

Questions fréquentes

  • Le lipofilling permet principalement une augmentation modérée du volume mammaire.

    Le résultat dépend des réserves graisseuses disponibles, de la capacité d'accueil des tissus et de la proportion de graisse qui se maintient après le transfert.

    Plusieurs séances peuvent être nécessaires.

  • Une partie de la graisse transférée est naturellement résorbée au cours des premiers mois.

    La proportion conservée varie selon les patientes et les conditions du transfert.

    La graisse qui s'intègre durablement peut ensuite se maintenir dans le temps.

  • Le prélèvement et la réinjection sont réalisés à travers de petites incisions.

    Les cicatrices sont généralement discrètes, mais elles ne sont pas totalement inexistantes.

  • Pas lorsqu'il existe une ptose mammaire importante.

    Le lipofilling permet de restaurer du volume, mais ne corrige pas directement un excès cutané significatif.

    Une mastopexie peut alors être associée.

  • Le Reverse Expansion est une technique particulière associant une expansion préalable des tissus mammaires à des transferts graisseux successifs.

    Elle est principalement utilisée dans certaines situations reconstructrices et peut nécessiter plusieurs interventions.

    Elle ne correspond pas au lipofilling mammaire esthétique habituellement pratiqué en une séance.

  • Le nombre d'interventions dépend du volume souhaité, des réserves graisseuses disponibles et de la capacité d'accueil des tissus mammaires.

    Plusieurs séances sont fréquemment nécessaires.

    En moyenne, environ 60 à 70 % de la graisse transférée peut se maintenir, avec une résorption estimée à 30 à 40 %, mais ces proportions varient selon les situations.

    La première séance peut parfois entraîner une augmentation de volume modeste, tout en contribuant à préparer les tissus pour les transferts ultérieurs.

    Une nouvelle séance peut être envisagée après plusieurs mois, lorsque le résultat précédent s'est stabilisé.

  • Le résultat peut être durable après stabilisation du volume transféré.

    Cependant, la graisse reste sensible aux variations pondérales et la poitrine continue d'évoluer naturellement avec le vieillissement, les grossesses et les modifications hormonales.

  • Oui. Il s'agit d'une augmentation mammaire composite.

    Cette technique permet d'associer l'augmentation de volume apportée par l'implant à un transfert graisseux destiné à améliorer certains contours de la poitrine.

  • Les données disponibles ne montrent pas d'augmentation du risque de cancer du sein liée au lipofilling mammaire dans les populations étudiées.

    Le transfert graisseux peut cependant entraîner certaines modifications bénignes des tissus, notamment des kystes huileux, des zones de cytostéatonécrose ou des calcifications, parfois visibles sur les examens d'imagerie.

    Il est donc important d'informer le radiologue de l'intervention et de poursuivre le dépistage mammaire recommandé selon l'âge et les facteurs de risque.